Ecriture juxtaposée

On dit d’une écriture qu’elle est juxtaposée en graphologie lorsque les lettres sont séparées à l’intérieur du mot. Elle fait partie du genre continuité.

Avec l’écriture juxtaposée, le blanc de la page entre dans le mot en lui apportant un environnement très particulier, donnant à chaque lettre un cadre. Mais qu’est ce cadre ?

C’est l’ensemble de l’écriture qui donne la réponse car le blanc de la page déposé avant que l’on ne commence à écrire va être structurée par le trait-tracé de l’écriture. Et le blanc de la page, c’est l’espace qui entre dans le mot ou plus exactement c’est chaque lettre qui s’associe ou refuse par un raidissement de ce que représente l’espace.

L’espace (voir écriture aérée) c’est l’infini, un appel vers l’illimité, l’absolu, l’inconnu, avec ses séquelles d’anxiété, l’irrationnel et sa traduction habituelle d’intuition, c’est richesse, nourriture, hauteur de vue dans la zone du vécu, du quotidien, du moi.

C’’est aussi le contact avec l’autre, avec toutes ses nuances car le blanc est impalpable, fragile, c’est ouverture subtile aux êtres, à la vie, délicatesse nuancée. C’est ouverture au monde extérieur et au monde intérieur, c’est prendre du recul pour être plus proche,

Quand la juxtaposition est dynamique, c’est-à-dire quand chaque élément reste en contact avec l’autre par une liaison invisible dans l’espace, liaison virtuelle où chaque élément est dynamisé par l’ensemble de l’écriture. Dans l’un et l’autre des cas, il y a consonance de chaque détail en fonction de l’ensemble

Quand la juxtaposition est statique, il y a dissonance des lettres en regard du tout par une raideur, un cabrage, un refus, un isolement de chaque élément graphique par rapport aux autres.

L’écriture est comme « hachée », contrainte, dans le déroulement du geste graphique. L’espace ne porte plus, il envahit, saisit, enlise, inhibe, angoisse, porte la souffrance. L’infini et l’illimité deviennent vacuité, l’irrationnel n’est plus intuition mais songe creux déraillant et divaguant, absence de jugement même et surtout s’il y a prétention à s’élever.

Difficultés de la juxtaposition statique

Le contact avec l’autre est coupé, on vit dans une tour d’ivoire, dans le refus buté ou isolé du moi. C’est une fermeture au monde extérieur, par envahissement de « miasmes » internes.

C’est la perte du contact avec soi-même car avant l’angoisse on ne se retrouve pas.

Difficulté à se réaliser, macération des idées qui ont un tour répétitif, obsessionnel.

Ambivalence car on peut rechercher le contact par le trait de l’écriture ferme ou l’écriture nourrie et ne pouvoir le réaliser par la rupture de jonction d’une juxtaposition statique.

Les excès

L’écriture juxtaposée est celle de toutes les incertitudes car celui qui écrit passe sans cesse de l’écriture à la non écriture. Incertitudes qui peuvent se traduire par toutes les certitudes quand l’intuition fécondante, l’espace qui contient toutes les dimensions, ont fait leur œuvre de catalyseur.

L’écriture liée a un autre extrême : l’excès de liaison qui indique que la pensée devient partiale ou paradoxale.

Quant à l’écriture suspendue, à l’extrême, sous-entend une inhibition qui peut être pathologique.

L’écriture groupée est plus nuancée, montre des signes de souplesse, de capacité à changer de sujet avec adresse.

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