Ecriture suspendue

Une écriture suspendue, en graphologie, est celle qui, soit à l’intérieur du mot, soit en fin de mot, laisse en suspens une partie de la lettre, celle-ci ne rejoignant pas la ligne de base ou restant inachevée. Le geste, qu’il soit vertical ou horizontal s’arrête dans sa progression, créant, en quelque sorte en trou dans la lettre.

Cette écriture appartient au genre continuité de l’analyse graphologique.

Une rétractation, une interruption se produisent mais qu’il ne faut pas confondre avec l’écriture juxtaposée qui a des trous dans les mots plutôt que des discontinuités de rythme.

Elles peuvent être plus ou moins volontaires, porter sur les domaines de l’action, de l’échange, ou sur les 2.

L’exemple du T :

Les T en particulier, qui ne rejoignent pas la ligne de base, s’ils se trouvent dans un milieu graphique peu actif ou peu réaliste, traduiront une difficulté de réalisation et d’engagement suivi (la ligne de base, ligne de la réalité, en perd en densité).

Les suspensions en fin de mot concernent davantage les échanges.

Les scripteurs qui font de nombreuses suspensions peuvent déconcerter : ils s’arrêtent, semblant reprendre la confiance qu’ils avaient accordée, taisant soudain quelque chose. La spontanéité se réduit.

Il y a là toujours une rupture de rythme, une inhibition, une rétractation, car après la suspension, l’écriture ne reprend sa marche en avant qu’après un arrêt et forcément un changement de direction. Elle est à l’opposé de l’écriture liée.

Le non achèvement…

Cette suspension, cette partie de lettre inaboutie, marque un refus volontaire ou subi, par choix ou par incapacité donc, de se révéler dans l’action, de s’engager à 100%, d’aller au bout de sa promesse, de tout dire, d’être en conformité avec le paraitre, ou de paraitre en conformité avec l’être.

Par rapport à la ligne de base :

La suspension vient troubler la ligne de base. Les significations varieront en fonction du reste de l’écriture et de l’âge du scripteur, les décalages entre être et paraitre ne pouvant porter le même sens dans l’extrême jeunesse que dans la maturité.

Quel en est le sens ?

Une écriture peut présenter une ou 2 suspensions occasionnelle, elle peut en être surchargée, et on nuancera les interprétations depuis la simple délicatesse ou la pudeur jusqu’à l’inhibition et, dans certains milieux graphiques peu spontanés, depuis la prudence jusqu’à la restriction mentale ou la dissimulation.

Donc délicatesse, mensonge, timidité, faiblesse de caractère ou de santé. La suspension retient, accroche ce qu’elle voudrait taire.

Si on ne peut classer la suspension dans les gestes régressifs, on ne peut non plus la classer dans les gestes progressifs et elle s’associe souvent à des retenues tels que les annelages, les barres de T en arrière de la hampe, les redressements.

Cela peut s’apparenter à une écriture de nerveux, mais, comme dans l’écriture groupée, il faut bien observer le sens de la coexistence de séparations ou de liaisons excessives.

En résumé :

Il ne s’agit pas de négligence : un frein retient le scripteur dont l’écriture est suspendue

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