L’écriture renversée

Lorsque L’inclinaison est renversée, les pleins et les déliés forment avec la ligne, un ange de plus de 90°. On parle d’une écriture renversée.

Opposition vs ouverture

Si l’inclinaison vers la droite représente la spontanéité, plus ou moins complexes dans ses mobiles, le renversement exprime l’opposition de celui qui refuse la dépendance et veut s’affirmer par lui même 

Elle peut avoir diverses causes à explorer avant de l’interpréter (position de la plume, gaucherie, caprice, imitation, écriture de la main gauche employée pour des lettres anonymes…).

Elle a un sens principal : l’opposition, par insociabilité, par protestation de la sensibilité, par émotivité contenue, par attitude négative.

Tant que le renversement reste léger, proche de la position verticale, il n’est guère signifiant. C’est lorsque l’inclinaison s’accentue vers la gauche dans un contexte appréhensif ou réticent que la défense apparait.

Très subtil !

Cette appréhension et cette défense restent à doser. Lorsqu’elles sont mineures et bien maitrisées, canalisant la progression et le mouvement de l’écriture mais ne les freinant pas ou presque pas, il s’agira d’un contrôle souvent efficient qui n’altère pas les contacts.

On rencontre cette retenue de l’inclinaison dans les des écritures fermes et dynamiques émanant de gens à hautes responsabilités professionnelles ou sociales qui trouvent ainsi le moyen de se garder de la part personnelle et subjective de leurs émotions, de leurs convictions, de leurs motivations afin d’en diriger la tension positive vers leurs objectifs.

On rencontre aussi dans des petites écriture sensibles et simples qui traduiront ainsi une réserve, voie un effacement de soi.

L’état adolescent un peu craintif de l’avenir et du monde extérieur, trouve parfois ce mode de vigilance défensif.

Chez l’enfant, cela peut être un effort, résistance à la facilité.

Pour que l’on puisse parler de difficulté de contacts, de méfiance et d’opposition, il faut que le renversement soit accentué et que le contexte graphique soit notoirement réticent ou inhibé.

Exemples

Une écriture trop grande (ou très petite), surélevée, anguleuse, très espacée, très compacte, ou encore très inégalement espacée, peut marquer un refus, une opposition s’établissant d’emblée (on a noté qu’une écriture n’est jamais enseignée renversée).

L’orgueil, la crainte d’une remise en question peuvent faire barrage.

Une direction renversée accentue la fermeture des écritures étrécies, annelées, jointoyées : elle traduit l’obstination avec l’hyperliaison ou un manque de spontanéité si les formes sont en même temps compliquées ou ambiguës.

L’écriture nettement renversée accompagne fréquemment le mouvement cabré, introduisant l’attitude de résistance ou de défi si l’écriture est intense et signalant l’antagonisme entre les impulsions et les barrières qui leur sont opposées.

Elle coexiste rarement avec le mouvement contrôlé et avec l’écriture rythmée, à moins qu’il ne s’agisse d’n rythme très personnel, hors des harmonies classiques, reflet de fortes personnalités difficiles en tous cas à intégrer.

Ou trouve assez fréquemment l’inclinaison renversée accentuée avec la juxtaposition statique et avec un étalement secondaire marqué.

Si on résume, on peut dire que la Majuscule affirme le scripteur, que le Signe Libre libère sa pensée, que l’Ordonnance met en scène ses idées, que la Direction donne du mouvement à ce qu’il dit, la Forme d’écriture révèle son identité, la Pression nous oriente sur son énergie, l’Inclinaison nous indique son pénitentiel de sociabilisassions, la vitesse nous renseigne sur sa vivacité d’esprit et de réactivité, la continuité nous parle de son lien avec l’autre, la Dimension son estime de lui même 

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